Billet politique - Page 3

  • Emploi: L'APF tire la sonnette d'alarme !

    Emploi des personnes en situation de handicap : l’APF tire la sonnette d’alarme !

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    + 100% d’augmentation en 6 ans !

     

     

    Emploi des personnes en situation de handicap :

    l’APF tire la sonnette d’alarme !

     

     

    À quelques jours de la 18e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées et dans la perspective de la 3e Conférence nationale du handicap à venir, l’Association des paralysés de France (APF) tire la sonnette d’alarme concernant les graves difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap en matière d’emploi.

    La forte augmentation du taux de chômage des personnes en situation de handicap (+ 100% en 6 ans), le non-respect des engagements de l’État envers les entreprises adaptées (EA) ou les établissements et services d’aide par le travail (ESAT), le problème du maintien dans l’emploi et de l’insuffisante sécurisation des parcours sont autant de freins à l’emploi des personnes en situation de handicap.

    L’APF attend aujourd’hui un véritable plan d’action pour l’accès, le retour et le maintien dans l’emploi. L’association se mobilise également pour apporter des solutions innovantes et durables, via son réseau APF Entreprises notamment, afin de favoriser l’emploi pour tous.

     

    > Chômage : une augmentation de 100% en 6 ans !

    Temoignage.jpgAvec un doublement du nombre de chômeurs entre décembre 2007 et décembre 2013, le chômage est la première difficulté rencontrée par les personnes en situation de handicap.

    En effet, 205 864 personnes en situation de handicap étaient au chômage en décembre 2007 ; elles étaient 413 421 en décembre 2013 !

    Le chômage de longue durée touche particulièrement les personnes en situation de handicap puisque 56% d’entre eux le sont depuis un an et plus. Et 44% des demandeurs d’emploi en situation de handicap sont âgés de 50 ans et plus.

    Face à ce problème inquiétant, l’APF demande que les partenaires sociaux engagent des négociations interprofessionnelles pour les personnes éloignées de l’emploi, incluant les personnes en situation de handicap afin de permettre la sécurisation de l'accès et du maintien en emploi des personnes les plus vulnérables sur le marché du travail.

    L’APF est engagée dans ce combat aux côtés du collectif Alerte qui rassemble les associations et organisations engagés dans la lutte contre l’exclusion.

     

    > Formation et réforme de la formation professionnelle : Pour une prise en compte des besoins des personnes en situation de handicap !

    L’APF déplore que les personnes en situation de handicap n’aient pas suffisamment accès à la formation. De fait, le niveau de qualification moyen des personnes en situation de handicap demeure faible, qu’elles soient en emploi ou en recherche d’emploi. Ainsi, 29% des personnes en situation de handicap ont un niveau d’étude inférieur au CAP et 75% des demandeurs d’emploi en situation de handicap n’ont pas le niveau baccalauréat.

    Dans ce contexte, la réforme de la formation professionnelle constitue un enjeu capital pour les personnes en situation de handicap.

    Cette réforme propose des avancées intéressantes notamment sur :

    ·         le compte personnel de formation ;

    ·         le conseil en évolution professionnelle ;

    ·         la formation des salariés pendant l’arrêt de travail.

    Mais l’APF attend désormais de connaitre les conditions effectives de leur mise en œuvre. Des questions importantes se posent pour les demandeurs d’emploi et pour les salariés travaillant à temps partiel.

    Concernant l’évolution professionnelle des salariés en situation de handicap (hausse du nombre de salariés reconnus en situation de handicap dans les entreprises ou identifiés dans la fonction publique), l’APF s’interroge sur les actions de maintien et développement des compétences qui seront mises en place ? Quid de l’accompagnement des carrières des personnes en situation de handicap au sein des entreprises?

     

    > Maintien dans l’emploi et insuffisante sécurisation des parcours professionnels

    Deux cent mille personnes sont reconnus inaptes chaque année et 120 000 licenciées pour inaptitude. L’Agefiph, association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées, a accompagné 17 000 personnes dans le cadre d’un maintien d’emploi. Aujourd’hui l’APF attend un arrêt des sorties inopinées de l’emploi en développant des pratiques de prévention de la désinsertion professionnelle et en mobilisant plus amplement  les acteurs concernés (services de santé au travail, assurance maladie, employeurs, organisations syndicales). La hausse du chômage des personnes en situation de handicap souligne à cet égard leur vulnérabilité quand elles sont en emploi.

     

    > Pacte pour l’emploi des entreprises adaptées : non respect des engagements de l’État

    La déception est marquée pour les associations représentatives du secteur adapté qui accompagnent les parcours de près de 30 0000 personnes en situation de handicap éloignées de l’emploi. En effet, contrairement aux engagements pris devant la représentation nationale par les ministres en charge du dossier au titre du projet de loi de finances 2014 et face aux principales associations du secteur signataires du Pacte triennal pour l’emploi en entreprises adaptées conclu en décembre 2011, le PLF 2015 maintient le moratoire relatif aux 1 000 aides au poste qui auraient dû permettre la création d’emploi dans le secteur.

    L’APF demande que les engagements des pouvoirs publics soient maintenus et que les aides promises soient dévolues dans le cadre des engagements pris l’an dernier, soit 500 aides au poste en 2015 et 500 en 2016. Le taux de consommation des crédits 2014 atteint d’ores et déjà 98%. Les nouvelles EA créées en 2014 seront fragilisées si les aides programmées ne sont pas au rendez-vous. Les personnes en situation de handicap éloignées de l’emploi ne trouveront pas la solution espérée.

     

    L’APF souligne également que, pour la quatrième année consécutive, la ligne affectée à la subvention spécifique d’accompagnement et de développement versée aux entreprises adaptées (qui compense le surcoût lié à l’emploi très majoritaire de personnes handicapées à « efficience réduite ») s’élève à 40 M€. Cette ligne n’a bénéficié d’aucune revalorisation au titre des exercices 2012 et 2013 alors même que 2 000 personnes supplémentaires étaient recrutées sur la période. Or compte tenu de l’accroissement du nombre d’aides au poste sur la période et de la base budgétaire 2015, les crédits auraient dû être revalorisés.  Il manque près de 2 millions d’euros à l’appel au titre du PLF 2015.

    Le prévisionnel budgétaire global du PLF 2015 est inquiétant pour les EA, il obère tout perspective de développement et va mettre à mal les quelques EA créées avec un faible nombre d’aide au poste et celles qui sont actives dans un contexte de crise impactant lourdement les personnes en situation de handicap.

    > Le secteur protégé attend des moyens supplémentaires

    Concernant l’accompagnement des parcours des personnes travaillant en ESAT, de nombreux chantiers sont ouverts depuis 2008. Il est temps aujourd’hui de définir un plan d’action et de solution pour améliorer l’accompagnement des parcours des travailleurs d’ESAT.

    Emploi.pngLors de la Conférence nationale du handicap de 2008, un plan de création de 10 000 places et d’un plan d’aide à l’investissement (PAI) de 11 millions d’euros étaient prévus sur 3 ans. A ce jour, 60% des crédits PAI ont été dégagés.

    Le plan de création a été gelé en 2013. Motif : améliorer l’existant, mais  dans les faits, aucun moyen supplémentaire n’a été dégagé.

     

    Une réforme de la tarification prenant en compte les besoins et attentes des personnes en situation de handicap est encore attendue. Chaque année les organisations représentatives du secteur dénoncent les principes et niveaux d’engagement de la circulaire budgétaire. Depuis 2009 première année d’application des tarifs plafonds les associations et organisations représentatives du secteur, déposent, des recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’État. Elles dénoncent les principes et niveaux d’engagement de la circulaire budgétaire.

     

    Ses conséquences sont ainsi plus qu’inquiétantes, elles menacent la réalisation des missions de ces établissements médicosociaux. Sous pression depuis 5 ans les ESAT concernés seront contraints d’accroitre leur productivité et ainsi d’augmenter la part commerciale de leur budget pour faire face à ces restrictions budgétaires drastiques. Ce processus soumet le secteur à plus de rentabilité, de productivité et remet en cause les processus de travail en les soumettant à une pression croissante, au détriment de la qualité de l’accompagnement des personnes.

     

    > Projet de loi de Finances et Conférence nationale du handicap : les attentes de l’APF

    Dans ce contexte, l’APF attend, de la Conférence nationale du handicap, un véritable plan d’action pour l’accès, le retour et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap prenant en compte la gravité de la situation, notamment liée au chômage.

    L’association est également particulièrement attentive au PLF 2015 et demande notamment :

    • le développement des moyens à la hauteur de la crise traversée (100% d’augmentation du chômage des personnes en situation de handicap au cours des 6 dernières années) ;
    • le maintien de la prise en compte des personnes en situation de handicap comme un public prioritaire relevant de l’action de l’état pour l’emploi : sur les contrats aidés (sur lesquels nous souhaitons un fléchage effectif des 87M€  qui seront ponctionnés à l’Agefiph sur les exercices 2015/16/17), les emplois d’avenir (en maintenant l’extension à 30 ans de la limite d’âge pour les jeunes en situation de handicap) et sur l’apprentissage ;
    • le respect des engagements pris par le gouvernement sur la mise en œuvre du pacte pour l’emploi en entreprises adaptées et pour le lancement d’un réel plan de d’adaptation et de développement des ESAT.

     

    L’APF mobilisée pour l’emploi des personnes en situation de handicap

     

     

    Dans ce contexte d’insuffisances des engagements de l’État sur le sujet, l’APF met en œuvre de nombreuses initiatives pour développer et maintenir l’emploi des personnes en situation de handicap en emploi direct mais aussi au moyen du secteur protégé et adapté.

     

    > L’espace emploi APF

    L’APF a lancé, fin 2013, un nouvel espace dédié à l’emploi des personnes en situation de handicap sur son site Internet : www.apf.asso.fr. Cet espace a pour but de mettre en relation les employeurs privés et publics souhaitant recruter des salariés en situation de handicap et les personnes en situation de handicap à la recherche d’un emploi, d'une formation en alternance ou d’un stage.

    Cet Espace Emploi permet aux entreprises de mettre en ligne gratuitement des offres d’emploi sur l’ensemble du territoire (3600 offres d’emploi déposées) et de rendre davantage visible leur politique ou leurs pratiques d’emploi des personnes en situation de handicap.

    Les personnes en situation de handicap peuvent elles déposer leur CV dans une CVthèque consultable par les entreprises abonnées (300 CV à ce jour). Elles peuvent postuler aux différentes offres en ligne, d’adresser des candidatures spontanées et de déposer leur CV dans une CVthèque consultable par les entreprises abonnées.

     

    Toute personne en situation de handicap peut s’inscrire sur le site pour rechercher un stage, une formation en alternance ou un emploi.

     

    > Les plateformes d’insertion professionnelles

    L’APF expérimente des plateformes d’insertion professionnelles sur trois sites : Bretagne, Isère et bassin de l’Artois.

    Ces expérimentations visent à développer, dans le cadre d’un accompagnement global et au plus près du terrain, la mise en relation des personnes en situation de handicap et l’entreprise. La mobilisation de l’ensemble des acteurs est essentielle pour les personnes qui présentent certains handicaps complexes.

    Plusieurs dizaine de jeunes sont accompagnées par ces dispositifs soutenus par des entreprises privées et des fondations.

     

    > La convention FACE - APF

    FACE.jpgL’APF et la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) ont signé une convention de partenariat en novembre 2012. Notre objectif : construire des actions concrètes favorisant l’inclusion et l’emploi des personnes en situation de handicap.

    Cette convention vise:

    • à concevoir et mettre en œuvre des actions de sensibilisation sur le handicap en direction des entreprises ;
    • à créer et proposer une offre de formation commune FACE - APF ;
    • à concevoir et mettre en œuvre des plans d’action permettant aux entreprises de recruter et d’intégrer plus de personnes handicapées, de leur proposer des parcours professionnels épanouissants et de les maintenir dans l’emploi;
    • à mobiliser nos réseaux respectifs ;
    • à favoriser le développement de projets innovants de proximité.

     

     

     

    > APF Entreprises : 1er réseau français de travail protégé et adapté

    Constitué de 24 entreprises adaptées (EA), de 25 établissements et services d’aide par le travail (ESAT) et de 4 centres de distribution de travail à domicile (CDTD) au sein de l’APF, le département « APF Entreprises » est le premier réseau français dans le secteur du travail protégé et adapté. Dans ce contexte de fort chômage, APF Entreprises emploie 4000 personnes dont 3200 en situation de handicap.

    Présents sur 42  sites partout en France, son implantation nationale lui permet de répondre aux besoins des grands groupes comme des PME. APF Entreprises démontre que le secteur du handicap est capable d’offrir un savoir-faire d’une haute technicité et une maîtrise des métiers satisfaisants aux donneurs d’ordre les plus exigeants.

     

    APF entreprises.jpgRéseau organisé et ouvert, APF Entreprises déploie une offre de services diversifiée depuis les métiers de la mécanique, de l’électronique, de l’environnement, jusqu’aux métiers de la communication graphique et des services administratifs les plus complexes.

     

    APF Entreprises possède 7 pôles d'excellence, dont les activités tertiaires représentent une part d’environ 40% sont développés :

    • Communication
    • Services Administratifs
    • Environnement
    • Logistique
    • Électronique et Électrotechnique
    • Mécanique
    • Autres services aux entreprises

     

    APF Entreprises travaille, entre autres, avec ERDF, GDF-Suez, la Poste, Air France, Schneider Electric, Veuve Clicquot, BPCE, etc.

     

    Des toilettes sèches accessibles !

    Ty Coin Vert est une gamme de toilettes sèches publiques, brevetée et fabriquée entièrement dans l’entreprise adaptée APF de Ploeren en Bretagne. Un atelier spécialisé en tôlerie fine qui met son savoir-faire, ses moyens techniques et son expérience au service de ce concept innovant : des toilettes sèches sans sciure ni aucun autre apport, biologique ou chimique. Dans le cadre du développement de ce produit, un modèle d’exposition est prêté pendant une durée de deux semaines à un mois, pour en faire la promotion lors d’événements accueillant du public et présenter le concept auprès de clients potentiels et des collectivités.

     

     

    La gestion des courriers non distribués pour GDF-Suez

    Quatre entreprises adaptées de l’APF travaillent en réseau pour traiter le courrier non distribué de GDF-Suez. Ces NPAI (« n’habite pas à l’adresse indiquée ») représentent 1,2 millions de courriers. Les salariés APF Entreprises analysent les raisons de la non-distribution, contactent par téléphone le client et modifient son adresse, le cas échéant. Les téléopérateurs APF Entreprises ont suivi une formation afin de découvrir le monde de l’énergie et comprendre le fonctionnement d’un contrat et sa gestion dans le cadre d’une relation client.

     

    Emploi des personnes en situation de handicap : que dit la loi ?

     

    Sans titre 2.jpgDepuis la loi du 10 juillet 1987, tout employeur, privé ou public, d'au moins 20 salariés, doit employer 6% de travailleurs en situation de handicap.

    Cette obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) concerne tous les établissements de 20 salariés ou plus du secteur privé ainsi que les établissements publics à caractère industriel ou commercial (Epic) de 20 salariés ou plus. Depuis la loi handicap du 11 février 2005, tout établissement qui emploie 20 salariés ou plus au moment de sa création ou en raison de l’accroissement de son effectif dispose, pour se mettre en conformité avec l’obligation d’emploi, d’un délai de trois ans. La loi de 2005 a également étendu l’OETH aux établissements du secteur public (autres que les Epic).

     

    L’OETH impose aux établissements assujettis de porter la part des travailleurs handicapés à 6 % de leur effectif d’assujettissement, arrondi à l’unité inférieure.

     

     

    Les établissements disposent de cinq modalités pour s’acquitter de leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés :

    • Ils peuvent recruter des personnes handicapées ayant une reconnaissance valide de leur handicap et ouvrant droit à l’OETH (appelées bénéficiaires). L’emploi de ces personnes peut être direct ou indirect (dans la limite de 50 % de l’obligation attendue) en passant des contrats spécifiques avec des établissements agréés du secteur protégé ou ordinaire. Il s’agit de contrats de sous-traitance, de fournitures, de prestations de service ou de mise à disposition de travailleurs avec des entreprises adaptées (EA), des centres de distribution de travail à domicile (CDTD), des établissements ou services d’aide par le travail (Esat).
    • Les établissements peuvent également accueillir des personnes handicapées stagiaires de la formation professionnelle dans la limite de 2 % de l’effectif d’assujettissement.
    • Ils ont aussi la possibilité de mettre en œuvre un accord (de branche, de groupe, d’entreprise ou d’établissement) relatif à l’emploi de travailleurs handicapés. Cet accord, agréé par l’autorité administrative, doit prévoir la mise en œuvre d’un programme pluriannuel en faveur des travailleurs handicapés comportant obligatoirement un plan d’embauches en milieu ordinaire et au moins deux des actions suivantes : plan d’insertion et de formation, plan d’adaptation aux mutations technologiques, maintien dans l’entreprise en cas de licenciement.
    • Enfin les établissements peuvent ou doivent verser une contribution financière à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) pour répondre à toute ou partie de leur obligation.

    La contribution financière versée à l’Agefiph est égale à 400, 500, 600 ou 1 500 fois le Smic horaire par unité bénéficiaire manquante, selon les actions menées par l’établissement en faveur de l’emploi de personnes handicapées au cours des quatre dernières années et la taille de l’entreprise à laquelle il appartient.

     

     

  • Communiqué de presse sur l'accessibilité !

    Accessibilité : les besoins des personnes en situation de handicap et des personnes âgées abandonnés !

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    Les associations représentatives des personnes en situation de handicap et de leur famille, les associations de personnes âgées et les associations des usagers de la voirie et des transports  tiennent à exprimer leurs profondes exaspérations et irritations face au grave recul du Gouvernement concernant l’accessibilité. Les associations jugent particulièrement inacceptable l’Ordonnance relative à l’accessibilité des établissements recevant du public et des transports en commun, présentée ce matin en Conseil des ministres, qui est un recul inadmissible sur les acquis en matière d’accessibilité. 

     

    En effet, cette Ordonnance beaucoup trop souple ouvre la voie à de nouvelles dérogations et détricote entièrement la loi accessibilité de 2005, en abaissant drastiquement le niveau d’exigence légale ! L’accessibilité s’avère donc sacrifiée sur l’autel de la rigueur.

    Après 40 ans d’attente et deux lois inappliquées en matière d’accessibilité, c’est un retour en arrière considérable qu’impose le Gouvernement aux millions personnes en situation de handicap, de personnes âgées, de parents avec enfants en bas âge et poussette mais aussi à tous les usagers du cadre de vie qui souhaitent circuler librement.

    De plus, ce dispositif n'est pas conforme à l'esprit de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, car il s'agit de graves reculs par rapport à l'ambition initiale de la loi accessibilité de 2005, et non de promotion des droits tel que le requiert pourtant ladite Convention.

     

    > Des engagements non respectés

    accessibilité.jpgAlors que le Gouvernement avait promis que ces agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP) ne remettraient pas en cause l’échéance de 2015, les exceptions contenues dans ce texte sont si nombreuses qu’elles remettent littéralement en cause les principes initiaux de la loi accessibilité de 2005.

    Ainsi, au lieu d’accompagner les acteurs retardataires vers la mise en accessibilité, cette Ordonnance vient récompenser les mauvais élèves qui ont joué la carte de l’attentisme ! Les possibilités de dérogation, de demandes de reports ou de suspensions pour déposer les agendas d’accessibilité, les arguments mettant en avant « les difficultés financières » des entreprises sans faire aucune référence aux contreparties du Pacte de responsabilité, la faiblesse des amendes encourues sont autant de signaux vers un abandon de la mise en accessibilité rapide de la France.

    Ce sont également des signaux d’indifférence totale aux préoccupations des personnes gênées dans leurs déplacements quotidiens (personnes en situation de handicap, personnes âgées, familles, piétons, blessés temporaires, etc.).

     

    > Des méthodes de travail contestables

    1797462_707674619252838_107010529_n.jpgLes associations contestent par ailleurs les méthodes employées pour construire ce texte. Les associations de personnes en situation de handicap ont, comme d’autres acteurs - élus, promoteurs immobiliers, etc. - participé à des réunions de travail autour de ce texte, réunions dites « de concertation » par le Gouvernement. Durant ces rencontres, les associations ont exprimé à maintes reprises leurs nombreux désaccords, sans que leurs paroles ne soient entendues par le Gouvernement ! 

    Quant aux associations représentatives des personnes âgées et aux associations familiales, elles n’ont pas été conviées à ces réunions alors que le sujet les concerne pourtant directement.

    Aujourd’hui le Gouvernement se félicite d’un travail en commun avec les associations de personnes en situation de handicap alors que le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) a donné un avis défavorable à ce projet. Ce dernier a d’ailleurs déploré les conditions d’examen de cette Ordonnance : d’une part avec la réception très tardive des textes, et d’autre part avec la communication officielle d’autres modifications réglementaires sans l’avis légalement requis du CNCPH.

     

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    Alors que l’accessibilité est une obligation nationale depuis 1975, le Gouvernement fait aujourd’hui le choix d’abandonner les besoins des personnes en situation de handicap, des personnes âgées, des familles et des usagers de la voirie.

    Les associations représentatives des personnes en situation de handicap qui se sont largement battues pour que la loi accessibilité de 2005 voie le jour, assistent aujourd’hui à l’effacement de son ambition initiale au profit d’une Ordonnance non consensuelle. 

    Ce retour en arrière est inadmissible et les associations demandent que ce texte soit fortement amélioré afin que soit enfin garantie la liberté d’aller et de venir des personnes.

     

  • Projet de loi adaptation de la société au vieillissement

    Les personnes en situation de handicap s'inquiètent du devenir des Maisons départementales des personnes handicapées !

     

    Alors que le projet de loi relatif à l'adaptation de la société au vieillissement est en discussion cet après-midi à l’Assemblée nationale, l’Association des paralysés de France (APF) tient à rappeler que ce texte qui concerne les personnes âgées, impacte directement les personnes en situation de handicap et leur famille.

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    Depuis la loi handicap de 2005, les attentes des personnes en situation de handicap et de leur famille sont considérables vis-à-vis des dispositifs d’accès aux droits que sont les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) : une amélioration du fonctionnement et des moyens actuels est indispensable.

    icons-MDPH2.jpgCependant, l’APF déplore que ce projet de loi ne prévoie aucun moyen supplémentaire et qu’au contraire, il ouvre les groupements d’intérêts publics (GIP) MDPH aux personnes âgées ! Comment les MDPH, déjà en grande difficulté, pourront-elles absorber de nouvelles missions sans moyen supplémentaire ? L’APF demande d’urgence l’amélioration des moyens et du fonctionnement des MDPH afin de répondre à tous les besoins des personnes en situation de handicap et de leur famille.

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    Comme le rapport de Denis Piveteau, conseiller d’État, vient de le rappeler : les MDPH sont le pivot fondamental dans le parcours de vie des personnes en situation de handicap et de leur famille.

    Or, les constats sont aujourd’hui alarmants : le nombre de demandeurs en 2013 et 2014 explose ; les délais d’instruction des demandes sont très longs (jusqu’à 18 mois d’attente) ; les plans de réponses sont inadaptés et ne correspondent pas aux besoins des personnes occasionnant de très lourds restes à charge : 80% des évaluations de situation se font sans que la personne soit vue ni entendue par les équipes de la MDPH, etc.

    Alors que le dispositif actuel présente déjà de nombreux dysfonctionnements, les parlementaires vont étudier la mise en place des Maisons de l’autonomie (MDA) qui ont pour objectif d’accueillir les personnes en situation de handicap et leur famille ainsi qu’un public supplémentaire conséquent et nombreux - les personnes âgées dépendantes. Comment ces dispositifs vont-ils pouvoir répondre aux besoins de tous ? S’oriente-t-on vers un système qui sacrifie les uns pour mettre en place des dispositifs pour les autres ? Au risque de proposer des dispositifs d’accès aux droits au rabais ?

    L’APF demande la mise en place de moyens supplémentaires et cohérents qui garantissent un égal accès aux droits pour tous, quel que soit leur âge, dans l’esprit et la lettre de la loi handicap de 2005. Ainsi, l’association souhaite l’abaissement des barrières d’âges afin que toutes les personnes puissent avoir accès à un véritable droit à compensation pour tous.

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    Ce projet de loi ne doit permettre que de donner un cadre aux MDA déjà existantes et mises en place sans concertation ni réglementation et certainement pas favoriser leur création dans le contexte actuel.

  • Baromètre de l'accessibilité : Mâcon Info, France 3 et le JSL : Focus sur Mâcon - L'APF publie un avis de tempête.

    baromètre.jpgPour sa 5ème édition l'APF édite son baromètre de l'accessibilité. Un classement des ville préfecture. Si Mâcon demeure la ville la mieux accessible de Bourgogne son classement chute de la 19ème à la 28ème place. La raison principale : Si Mâcon a su se moderniser et proposer des infrastructures nouvelles ou rénovées respectant les normes d'accessibilité aux personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite, ces dernières sont souvent dans l'impossibilité d'en profiter comme tout un chacun, d'ou un accroissement des inégalités dans la population. L'immobilisme en terme d'aménagement des transport en commun et notamment de la voirie (malgré l'acquisition par la municipalité d'un minibus adapté) rend encore difficile, voire impossible de s'y rendre et de profiter de ces équipements pourtant bien vus !

     

    Reportage FRANCE 3 Bourgogne - Jeudi 13 février

     Pire et ce de manière généralisée sur le territoire, l'application de la loi de 2005, dite loi handicap est très fortement mise en cause, ce du fait de divers lobbies économiques et politiques ; De ces mêmes lobbies politiques qui ont rédigé et votés cette loi, Les échéances pourraient être repoussées d'une dizaine d'années. Dès lors comment faire confiance à nos élus ? En sus, l'argument consistant à faire valoir le fait qu'entre 2005 et 2015 (date butoir de l'application de la loi) ne laissait que 10 ans pour agir, tout en faisant état des coûts trop élevés est globalement mensonger et relève parfois de la désinformation :

    • La 1ère loi sur l'accessibilité date de 1975, ce qui aurait été largement suffisant pour élaborer des plans d'investissements pluriannuels. Qui accepterait 40 années de "promesses" ou plutôt de non respect des lois ?
    • Une des 1ère phase de la loi de 2005 consistait pour les communes à procéder au plus tard en 2009 à faire bilan des travaux à effectuer ainsi que leur chiffrage. Or seuls 27% des communes se sont mises en conformité et alors que la Direction Départementale des Territoires mettaient régulièrement à jour l'évolution de la cartographie, les mises à jour ont cessé depuis près d'1 an. Dès lors comment objectiver des coûts s'ils ne sont pas calculés ?
    • La banque mondiale a évalué à 1% le surcout lié au handicap dans la construction des infrastructures pendant que la France perd 10% de chiffre d'affaire en terme de tourisme du fait de son accessibilité.
    • Des possibilités de dérogation sont données lorsque les aménagements sont trop onéreux et mettraient en péril l'existence notamment de petits commerces. Parfois le bon sens et le volontarisme font des miracles là où les idées préconçues bloquent la construction d'une société ouverte à tous et l'égalité des chances.

    Pourtant les initiatives existent : elles relèvent souvent de personnes qui ont été confrontées directement ou moins au handicap ou encore d'élus qui scrupuleux des lois ont su aussi faire des choix :

    • À l'échelon départemental, le conseil général mène une politique volontariste dans le domaine du handicap, notamment en terme de tourisme et bien plus largement dans une réflexion généralisée que ce soit autour du développement durable (ADT71) au titre des solidarités ou encore en terme d'embauche de personnes handicapées.
    • Certaines mairies comme à Saint-Martin-Belle-Roche qui a décidé d'équiper sa mairie d'un ascenseur (cf.lien) .
    • L'ENSAM et le centre national des monuments historiques qui ont respectivement rendu accessibles respectivement leur centre d'études supérieur et l'Abbaye de Cluny ; Cette dernière représentant avec éloquence qu'un lieu millénaire et classé monument historique peut combiner respect du patrimoine et accès à la culture à toutes et tous.

    Et tant d'autres initiatives...